Crime contre la zombitude

J’ai eu l’achievement « Zombie Genocide » dans Dead Rising, après trois jours de courses effrénées dans les sous sols du supermarché de Willamette, Colorado.


Que je vous explique : avec l’aide de GameFaqs, et plus précisément cette FAQ (Foire Aux Questions / Frequently Asked Questions), j’ai découvert qu’avec une manipulation peu contraignante, demandant juste un peu de persévérance, il était possible de débloquer une arme puissante qui permettait de facilement battre certains psychopathes. Ces mêmes psychopathes qui m’empêchent de compléter toutes mes missions à temps pour reprendre mon hélicoptère, une fois échues les 72h dans mon supermarché préféré, quoique submergé de clients putréfacteurs.

Qui plus est, cette manipulation offre plusieurs achievements sur un plateau. Que ne ferait-on pas pour frimer devant les potes ?

Ni une, ni deux, armé de ma faq et de ma carte, j’entreprends de tuer les 53,594 zombies nécessaires à ma glorification. Point amusant relevé par w3c (le geeks-mx, pas le consortium dont les remarques sont moins funs) : il se trouve que la population de Willamette, le ville fictive du jeu, est de 53,594 habitants. On me demande donc de dépeupler une ville. Légèrement dérangeant, non ?

On pourra se rassurer en se disant qu’on répartit notre carnage sur les habitants de différentes villes alentours, considérant qu’il doit y avoir des gens de partout qui viennent dans ce supermarché. Comment ça, ça n’est pas moins dérangeant ?

Toujours est-il que j’ai eu le plaisir de passer un peu plus d’une journée et demie (temps du jeu) à parcourir les sous-sols en voiture standard, moto (à éviter), décapotable (pas beaucoup mieux) et fourgon (parfait), apprenant à m’y retrouver dans les souterrains, et testant différents chemins et points de demi tour pour faire apparaître (respawn) un maximum de zombies sur mon chemin. On apprends ainsi certains points intéressants :

  • Un véhicule aussi gros qu’un van peut rester bloqué sur une arme, un petit objet lâché par un zombie, ou un caddie du supermarché, rendant le véhicule quasi-définitivement immobile.
  • Un véhicule ne peut tuer qu’un nombre fixe de zombies avant de tomber en panne. Si en plus on fonce dans des bombonnes de gaz pour les faire exploser, on ne va pas rouler loin. Se prendre les murs dans les virages n’aide pas.
  • Garer ses véhicules en fin de vie n’importe où n’est pas une bonne idée si on ne veut pas rentrer dedans lors de notre prochain passage, et ainsi se retrouver avec deux véhicules inutilisables au milieu de la route.
  • Les zombies se ressemblent tous après la première centaine, pourtant, l’adrénaline monte toujours à se retrouver au cœur d’une vingtaine d’entre eux sans véhicule, arme ou nourriture à portée de main.
  • Un zombie ne sait pas ouvrir une portière de voiture, ou attaquer un motard sur son engin. Je crois. Je n’ai jamais osé attendre trop longtemps à l’arrêt pour en être sûr.
  • De nuit, les yeux des zombies sont rouges. C’est joli toutes ces lucioles martiennes dans le sous-sol.

A noter : une fois le nombre de zombies atteint, il ne faut pas oublier de finir le jeu ! Sinon, l’arme tant attendue (celle de Megaman, merci Capcom) ne sera pas disponible à la prochaine partie, et il faudra recommencer. La fin la plus simple pour moi a consisté à laisser Frank passer sa dernière demie journée sur l’hélipad salvateur.

On pourra arguer que ce n’est pas drôle de passer ses trois jours du jeu dans un sous-sol, aussi infesté de zombie soit-il, mais le fait est que ça permet d’augmenter considérablement son level, de découvrir et d’apprendre les routes alternatives du jeu par cœur (le sous-sol lui-même), ainsi que s’entrainer à comment-se-dépêtrer-de-50-zombies-sans-arme-ni-nourriture-etc quand les véhicules vous lâchent au plus mauvais moment (et qu’on n’est pas prévoyant). Sans parler du flingue ultime qui stoppe le premier boss en un tir.

Ca apprend aussi à faire des cocktails de jus d’orange lors des sorties aux toilettes pendant un changement de voiture. Pardon, je voulais dire : des ravitaillements éclairs lors des sorties pour sauvegarde. Pensez aussi à prendre des battes de baseball au magasin de sport, c’est efficace et ça défoule.

Fable 2 : mauvais joueur, mauvais mari, héros adulé

Titre alternatif : Roxaaaaaaaaaaaaaaaanne (you don’t have to put on the red light)

Je joue à Fable 2, et dans la quête principale, je suis arrivé au stade où je dois me faire beaucoup de points de renommée pour qu’un personnage accepte de me parler.

Spoil ahead, attention.

Qu’à cela ne tienne, je me lance dans une ou deux quêtes annexes, et, passant de village en village, j’en profite pour :
– Faire narrer mes exploits par le barde du village (plusieurs centaines de points de renommée)
– Montrer mes trophées de guerre au public sur la place du marché (quelques points de renommée)
– me marier (des points, mais combien ?)

Il se trouve donc que j’ai plusieurs femmes dans le jeu, dont une qui m’a donné un joli bambin, qui à maintenant 10 ou 12 ans. Et je suis toujours considéré comme un héros par les habitants d’Albion (la perfide).

Mais quitte à être un mauvais mari, je ne m’arrête pas là.

La dernière femme que j’ai épousée, c’était une prostituée dans une ville de voleurs. Je venais de voler une « part de tarte bénite » pour un prêtre qui est peut-être un arnaqueur bidon. Comprenez : pour faire de cette ville de voleurs une ville de saints, il doit procéder à un rituel avec différents éléments qu’il me demande de voler pour lui dans les maisons alentours :
– un gigot bien saignant, délicieusement saint
– un vin de premier choix
– une part de tarte
– et ?

Je suis assez connu dans la ville, et j’y croise peu de gardes, ce qui m’arrange bien, car pas un vol ne se passe sans que je me fasse repérer par un de mes fans qui me suit partout. Heureusement, comme ils m’adorent, j’arrive en général à me faire excuser et repartir avec le fruit de mon larcin. Petit couac pour la part de tarte, je n’attends même pas que la personne présente tourne le dos, et une fois qu’elle m’a vu voler sa tarte, la gentille prostituée ne veut pas me pardonner.

Qu’à cela ne tienne, derechef ! Je ne sais pas si, comme dans un Oblivion ou un autre Elder Scroll, un garde alerté d’un vol peut me retirer l’objet facilement acquis. La jolie (si seulement) demoiselle est surmontée d’un cœur rouge, et quand mon personnage s’approche d’elle pour lui parler, j’ai l’option de lui proposer une bague, ma main, une part de mon patrimoine et un logement. Mon sang ne fait donc qu’un tour : on se fiancie d’un clic sur « A« , je lui achète la maison la plus proche pour nous y installer, qui se trouve être la maison close où elle officie habituellement . Ça ne la changera pas des masses, mais elle avait l’option de se plaindre à l’achat et elle ne l’a pas fait.

Mais attention, le meilleur reste à venir.

Au bout de la rue habite mon moine suspect. J’y vais d’un pas alerte, d’un pas joyeux, porté par ma renommée en hausse et le son des cloches nuptiales, et lui donne sa part de tarte qui m’avait déjà coûté mes 200 pièces d’or quotidiennes en frais d’entretien de mon ménage (J’aurais pu choisir de donner 100 pièces d’or par jour, qui sont censées être amplement suffisantes, mais j’ai pitié du passé difficile que je devine dans la texture livide des yeux de mon amoureuse).

Arrivé chez mon curé profiteur, celui-ci empoche la tarte comme un tire-laine la bourse d’autrui, puis semble se préoccuper des siennes :
« Avant le rituel, mon bon, j’ai une dernière requête. J’ai entendu dire que des âmes désoeuvrées vendaient leur chair pour survivre dans cette ville sordide. Auriez-vous l’obligeance d’en mener une devant mes yeux pour que je lui montre comme son chemin est mauvais ? »

Là, le pervers pépère me prend pour une poire, c’est sûr. Je veux mes points de renommée, mais à quel prix ? Est-ce que je désactive l’option « protection des civils » et je lui tire dessus avec mon fusil flambant neuf, pour commencer la purge de la ville par lui, ou bien est-ce que je joue le jeu ?

Le jeu se joue de moi, hélas. Ma femme, que je croyais avoir retirée du trottoir, s’était mise en tête de me suivre. En effet, les algorithmes d’amour sont encore simples comme ça, de nos jours. Elle entre donc dans la pièce pendant mon moment hésitation. Aussitôt fait, à peine ai-je le temps de comprendre ce qui arrive, que mon gentil donneur d’ordre et de leçons me remercie, et me demande de sortir de manière polie mais un peu sèche, m’affirmant par ailleurs qu’avec cela ma quête se termine. Ma femme, sans un mot, reprend cette habitude qu’elle n’avait pas eu le temps de perdre et monte l’escalier docilement. Je suis encore dans la pièce à ce moment là, entre ce moine défroquable à envie et l’escalier, mais j’ai bien peur de casser les scripts du jeu en le tuant maintenant, alors que ma douce et chère se trouve dans sa chambre, sûrement déjà en train de se déshabiller…

Je quitte donc la maison, sans chercher à combattre le destin programmé par LionHead Studio.

En même temps, j’avais vraiment envie de recevoir mes points de renommée.