Mon séminaire Epitech

Essayons d’être clair…

Epitech, c’est bien, ce n’est pas forcément beau, c’est beaucoup de gens, et c’est le bordel.
Ca devrait aller comme intro.

Epitech c’est quoi ? Une école d’informatique. Elle produit des experts en informatique. « Produit » ? Oui. C’est un peu une entreprise. 5 ans pour faire un informaticien de grande qualité.

Les Gens d’Epitech, maintenant :
– Le bocal : les administrateurs du réseau informatique d’Epitech. En considérant que l’école n’est qu’un vaste réseau informatique, vous comprenez vite que ce sont les dieux de ce petit monde. Ils ont d’autres tâches, parait-il, telles que la peinture des murs, la réfection du carrelage, en gros, l’état de l’école. Ils réquisitionnent des élèves pour ces travaux aussi, si jamais ceux-ci font les idiots (manger en salle machine).
– Les asteks : pour « assistants tech », les asteks sont les profs qui nous font cours, nous corrigent, nous mettent des zéros sans état d’âme, et se font facilement haïr. Tout ça, juste pour le premier mois des nouveaux à Epitech. Ce premier mois est appelé la « piscine », niveau d’exigence maximal dès le départ de l’année, avec une pression très importante. Les asteks, ce sont les humains qui nous permettent d’anthropomorphiser l’objet de notre haine pour ce mois, semble-t-il. Ne rigolez pas : la piscine est effectivement plus dure à vivre que quoi que vous imaginiez pour une école. Surtout si vous venez vous aussi de bts. 😉
– Les parrains : pour le séminaire Epitech, ce sont eux qui nous bousculent, nous enroulent dans le cellophane, dans le scotch… enfin ils doivent nous mener la vie dure.
– Le staff : toujours l’air sous pression, prenant pas trop leur pied pendant le séminaire, les membres du staff étaient les rabats joie pendant ces trois jours. Mais surtout, c’est grâce à leurs efforts que ce séminaire s’est aussi bien déroulé, malgré les débordements d’électrons libres. Merci le staff. Je les plaindrais presque, mais comme ils ont choisi ce travail ingrat, je suppose que ça ferait peu plaisir à leur complexe masochiste.
EpiTV, EpiSport, Episson : Les assoc’ d’élèves Epitech. Ils ont mis la ouache.
Les bizu(t)s : les élèves qui arrivent dans l’école. Dont moi.

Comprenez bien que ces personnes sont toutes des élèves d’Epitech. Déduisez-en aussi qu’ils sont tous très efficaces dans ce qu’ils font. Sauf les bizus, bien sûr.

Maintenant, récit des événements.

On disait « départ à 20 heures », donc nous sommes partis à 1 heure du matin. Entre temps, des petits bizutages à l’eau, au marqueur, et les premiers tshirts epitech (ils nous habillent toute l’année :)). Nous avons étés numérotés par les parrains et asteks qui accompagneraient notre voyage. J’ai eu droit au #5 sur mon front.
Nous sommes partis à 7 cars, avec un grand nombre de fûts de bière. Direction le sud ouest. 10 heures de route, peut-être un peu moins. J’étais dans le bus des élèves qui rentrent directement en 2e année (cosa bts, dut, etc). On était peu nombreux. On avait nos parrains et des asteks avec nous. Ils nous ont expliqué ce qu’est la piscine pendant le voyage. J’ai aussi dû chanter « Le prisonnier de Nantes » avec Matoï, un astek rennais fort sympathique (comprenez : il ne m’a pas encore noté à la piscine :)). Comme ce chant a été catastrophique pour ma part (le mégaphone n’aidant pas, moi je dis), j’ai eu droit au cellophanage et à être le premier saucisson à être porté par des dizaines de mains pour faire le tour du car. Par la suite, plusieurs bizus ont profité de ce traitement.
Le voyage a permis de découvrir le bizus #11. Si au départ il faisait sa forte tête pour faire rire les autres, il nous a permis de découvrir ensuite son propre rire, qui est le summum du rire, la joie incarné dans un son, un plaisir incroyable à écouter. Bref, bizu rire est né. Bon, ensuite, forcer un bizu à rire tout le temps, c’est lourd pour lui, donc les parrains lui ont un peu lâché la grappe. Merci pour lui.
Une fois arrivés, après un peu de sommeil, et des trajets bizarres, nous avons investis un camping, où nous nous sommes vu attribués des bungalows par équipe de 5.
Le temps qu’on y aille, les parrains les avaient vidés de leurs matelas, des fusibles, des canapés… Là commençait la guéguerre des bizus, qui se sont presque démenés pour les récupérer. Comprenez : on n’était pas très motivés.
On a eu droit à quelques coups d’éclats, mais je passerai les détails.

Quelques points :
Les asteks nous ont fait dons d’un poisson pourri et gigantesque dans notre bungalows, cadeau de la marée retrouvé sur la plage d’à côté. Nous sommes devenus « bizus poisson ». A dire vrai, il puait mortellement, mais on a (j’ai) réussi à le dégager. Il s’est retrouvé plus tard dans un autre bungalow de bizus, saupoudré de poivre et autres substances nauséabondes. Je plains ceux qui ont eu à le porter jusque là. 🙂
Le bocal avait des œufs, puis tout le monde avait des œufs. Pauvres bizus.
Il y avait de la confiture à la cantine. Pauvres bungalows.
Il y avait du produit de nettoyage dans les bungalows. Ca peut aussi salir.
Il y avait des parrains qui n’osaient pas toucher au bizu barbu que je suis. Pendant que Guillaume, le pauvre, se faisait saucissonner et pendre à une branche par les pieds (il avait l’air de s’amuser comme tout le monde, hein, pas de persécution chez nous ;)), je rigolais bien en le regardant. Les 25 parrains autour de moi, seul bizu à l’air libre, n’ont rien su faire. Madflo, un ami breton déjà parrain (salope)(oups), n’a même pas eu le courage d’assumer ses menaces préalables. Il faut dire que je n’avais rien contre un peu de jeu pour ma part, et le sadisme de ces gens n’était pas assez excité par une proie si facile. Et ce n’est qu’un exemple, mais d’une manière générale notre bungalow a été épargné dès lors que nous avons goûté au poisson. Même pendant les débordements graves, comparables à du vandalisme, nous avons juste eu à nettoyer le sol de l’œuf et de la confiture. (alors que pour d’autres : vitre brisées, lavabos arrachés, sauce concentrée partout, même sur les affaires personnelles). Les bizus poissons, bien débordés de travail pour tout remettre en état à la fin du séminaire, ne se plaindront pas.
Le mot d’ordre était de ne pas nous laisser dormir. Nous avons dormi.
Le staff a dû menacer une ou deux fois de tout arrêter si « on » continuait à faire les vandales. C’était juste.
Ca gueulait facilement, il y a eu des vengeances mal ciblées, quelques frayeurs, mais d’une manière générale : c’était le pied.
Un regret ? les bizus, dontmoi-même, étaient de sacrées tanches, limite des fillettes.

Reste plus qu’à se rattraper en étant parrains dans un an. 🙂

A prévoir : addendums pour les détails oubliés. Oué, pas de bol, c’est pas encore fini. 😉

add1 : la piscine : comptez 6 à 7 jours de travail par semaine, comptez que vous n’aurez pas le temps de tout faire, comptez que vous dormirez sur place trop souvent, comptez que ça pue parce que certains ne se lavent pas à force de vivre ainsi, comptez qu’en faisant 5 exercices notés, la première faute invalide tout ce qui est fait après, comptez que c’est un logiciel qui nous corrige les exos (putain de moulinette), comptez qu’il n’y a qu’une manière de coder (la « norme »), comptez que de toute façon, vous allez en chier. Et j’en passe. On nous a dit « ça a l’air nazi, mais ya une bonne raison. » 🙂

[ange]

édité le 25/09/2004 à 14h08 par angETF